La maladie de Gaucher

Canada


La maladie de Gaucher est une maladie héréditaire, évolutive et chronique. Les personnes atteintes de la maladie de Gaucher présentent un taux insuffisant d’une certaine enzyme. En raison de ce déficit enzymatique, des matières grasses, ou lipides, s’accumulent dans l’organisme. L’accumulation de lipides dans les organes et les os peut entraîner l’apparition de symptômes légers à graves à n’importe quel moment au cours de la vie, que ce soit pendant l’enfance ou à l’âge adulte.

À propos de la maladie de Gaucher


Dans la population générale, on estime qu’environ 1 personne sur 40 000 à 60 000 est atteinte de la maladie de Gaucher. La maladie est plus fréquente chez les juifs ashkénazes (originaires de l’Europe de l’Est) : jusqu’à 1 personne sur 850 en est atteinte. Cette fréquence plus élevée a nourri l’idée fausse selon laquelle la maladie de Gaucher serait une « maladie héréditaire propre aux juifs »; en réalité, personne n’est à l’abri de cette maladie, quelle que soit l’origine ethnique ou raciale.

La maladie de Gaucher est l’un des problèmes de santé les plus fréquents au sein d’une famille de maladies dites « de surcharge lysosomale ». L’enzyme en cause dans la maladie de Gaucher s’appelle la glucocérébrosidase (glu-co-sé-ré-bro-si-da-ze). Cette enzyme aide l’organisme à dégrader les glucocérébrosides (gluco-cérébro-side), un lipide qui se trouve à l’intérieur du lysosome, ou la structure semblable à un petit sac, de certaines cellules. En cas de déficit enzymatique, les glucocérébrosides s’accumulent dans le lysosome et font gonfler la cellule.

Les symptômes cliniques de la maladie de Gaucher se manifestent quand les cellules de Gaucher gorgées de lipides ne peuvent plus fonctionner comme des cellules normales.

Maladies Lysosomales

Les maladies lysosomales sont un groupe de maladies génétiques rares causées par des déficits enzymatiques. En présence d’une maladie lysosomale, des structures se trouvant dans les cellules et appelées lysosomes n’arrivent pas à décomposer certaines molécules grasses complexes. Par conséquent, les lysosomes se remplissent de ces molécules non décomposées, ce qui empêche la cellule de fonctionner correctement.

Types de maladies de Gaucher

Selon le type de symptômes, on distingue deux grands types de maladies de Gaucher : la maladie neuronopathique et la maladie non neuronopathique. Dans le cas d’une maladie non neuronopathique, la plupart des tissus et des organes peuvent être touchés, mais pas le cerveau. Dans le cas d’une maladie neuronopathique, le cerveau est aussi atteint.

Non neuronopathique
Neuronopathique

Type

Type 1

Type 2

Type 3

Prévalence

Population générale :
1 personne sur 40 000 à 60 000

Juifs ashkénazes :
1 personne sur 850
< 1 sur
100 000
< 1 sur
100 000
Atteinte du SNC
Modérée ou grave

Grave

Aucune
Première année de vie
Enfance
Manifestation des symptômes
À tout âge

Maladie non neuronopathique – Type 1 de la maladie de Gaucher

La maladie de Gaucher de type 1 est la forme la plus fréquente de la maladie et, dans ce cas, le système nerveux central n’est pas atteint, c’est pourquoi il s’agit de la forme « non neuronopathique » de la maladie. Même si la maladie de Gaucher de type 1 est souvent désignée comme la « maladie de Gaucher chez l’adulte », elle peut se développer à tout âge; ainsi, en y repensant bien, la plupart des adultes qui en sont atteints reconnaissent que leurs symptômes ont commencé à se manifester avant l’âge adulte.

Le type 1 de la maladie de Gaucher est associé à une très grande variété de signes cliniques, de symptômes et de types d’évolution de la maladie. Dans certains cas, les symptômes se manifestent dès l’enfance et s’aggravent rapidement avec le temps. Dans d’autres, les premiers symptômes ne sont remarqués que dans un âge adulte avancé. Il y a même des cas où les personnes chez lesquelles le gène de la glucocérébrosidase est défectueux ne présentent aucun symptôme. De façon générale, plus les premiers symptômes se manifestent tôt dans la vie, plus il est probable que la maladie soit grave et qu’elle évolue rapidement si elle n’est pas traitée.

Le signe le plus fréquent du type 1 de la maladie de Gaucher est sans doute une hypertrophie de la rate. Il s’agit là du signe souvent détecté en premier, et il peut l’être chez un jeune enfant. Les symptômes d’une atteinte des os peuvent se manifester à n’importe quel moment dans la vie, tant chez les enfants que chez les adultes. Les anomalies squelettiques sont aussi très fréquentes et, chez la majorité des patients, souvent présentes au moment du diagnostic.

Maladie de Gaucher neuronopathique

Dans les cas où la fonction cérébrale est altérée par la maladie de Gaucher, celle-ci peut se manifester très tôt dans la vie et évoluer rapidement, comme dans le cas d’une maladie neuronopathique aiguë ou d’une maladie de Gaucher de type 2. Elle peut aussi se manifester graduellement et s’aggraver lentement au fil du temps, comme dans le cas d’une maladie de Gaucher de type 3 ou d’une maladie neuronopathique chronique.

Type 2 de la maladie de Gaucher

Le type 2 de la maladie de Gaucher est très rare. Il s’agit d’une forme de la maladie à évolution rapide, qui atteint le cerveau ainsi que les organes atteints par le type 1 de la maladie. Auparavant désigné sous le nom « maladie de Gaucher infantile », le type 2 de la maladie se caractérise par une sévère altération neurologique dès la première année de vie. Moins d’un nouveau-né sur 100 000 est atteint du type 2 de la maladie. Cette forme de la maladie de Gaucher ne semble pas toucher un groupe ethnique en particulier. Les enfants atteints du type 2 de la maladie semblent tout à fait normaux au cours des premiers mois de vie, jusqu’à ce que des signes neurologiques se manifestent en plus des signes et symptômes associés au type 1 de la maladie. L’enfant qui en est atteint ne vit généralement pas plus de 2 ans en raison des sévères lésions au cerveau.

Type 3 de la maladie de Gaucher

Auparavant appelé « maladie de Gaucher juvénile », le type 3 de la maladie se caractérise par une lente évolution des dommages au cerveau, en plus d’une grave atteinte d’autres organes. Le type 3 de la maladie de Gaucher est aussi très rare. Sans se limiter à un groupe ethnique en particulier, un nombre assez important de cas ont été rapportés en Suède et un plus grand nombre de cas que dans la population en général ont été rapportés en Espagne et au Japon.

Les signes et symptômes de la maladie de Gaucher de type 3 se manifestent tôt pendant l’enfance. En plus des lésions au système nerveux central, les signes et symptômes du type 3 de la maladie de Gaucher sont les mêmes que ceux du type 1. Dans les cas où l’altération de la fonction cérébrale est très subtile au moment du diagnostic, les enfants atteints du type 3 de la maladie peuvent sembler être atteints de la maladie de Gaucher de type 1, soit de la forme non neuronopathique de la maladie. Un diagnostic clair ne peut être posé qu’après la constatation de l’évolution des signes et symptômes neuronopathiques, confirmés par des tests cliniques. Les personnes atteintes du type 3 de la maladie qui atteignent l’adolescence peuvent vivre jusqu’à leur quarantaine.

Signes et symptômes

Les signes et symptômes de la maladie de Gaucher sont le résultat d’une accumulation graduelle de cellules de Gaucher dans l’organisme. Les cellules de Gaucher s’accumulent généralement dans la rate, le foie et la moelle osseuse. Toutefois, elles peuvent aussi s’amasser dans d’autres tissus, y compris dans le système lymphatique, les poumons, la peau, les yeux, les reins, le cœur et, dans de rares cas, le système nerveux.

Les symptômes peuvent se manifester à tout âge, mais ils sont généralement d’abord remarqués pendant l’enfance ou l’adolescence. Ils comprennent les suivants :

  • Prédisposition aux saignements et aux ecchymoses
  • Fatigue excessive
  • Anémie
  • Os fragiles qui se brisent facilement
  • Douleurs osseuses et articulaires
  • Gonflement de l’abdomen en raison de l’augmentation du volume de la rate et du foie

Le type et la gravité des symptômes peuvent varier considérablement d’une personne à l’autre. Certaines personnes ne ressentent aucun de ces symptômes jusqu’à ce qu’elles avancent en âge, tandis que chez d’autres, la maladie peut entraîner dès l’enfance des problèmes de santé qui mettent la vie en péril. La maladie de Gaucher est évolutive et s’aggrave généralement avec le temps si elle n’est pas traitée.

Les signes de la maladie de Gaucher peuvent inclure des résultats anormaux aux tests sanguins, qui indiquent de trop faibles taux de globules rouges ou de plaquettes, ou aux examens radiologiques, qui révèlent une malformation osseuse.

Diagnostic et épreuves diagnostiques

Les signes et symptômes associés à la maladie de Gaucher étant similaires à ceux d’autres maladies plus fréquentes, il faut parfois des mois et même des années avant qu’une personne atteinte obtienne le bon diagnostic. Par exemple, une douleur articulaire peut être attribuée à l’arthrite ou une douleur osseuse dans le haut de la jambe peut être associée à une poussée de croissance. Un faible nombre de globules rouges ou de plaquettes peut d’abord mener au diagnostic d’une maladie du sang, suivi d’un traitement pour la leucémie ou un lymphome. Par ailleurs, étant donné que les premiers signes et symptômes peuvent sembler bénins, il est possible que les patients et les médecins ne soupçonnent pas la présence d’une maladie évolutive à long terme.

Un diagnostic exact et définitif de la maladie de Gaucher peut être posé à l’aide d’une simple prise de sang (ou analyse de sang) permettant de vérifier l’activité de l’enzyme glucocérébrosidase. Le prélèvement sanguin peut être fait dans le cabinet du médecin, mais il peut s’avérer nécessaire de confier son analyse à un centre médical spécialisé. Chez les personnes en santé, les résultats de l’analyse révèlent des globules blancs montrant une activité enzymatique normale; chez les patients atteints de la maladie de Gaucher, l’activité enzymatique est nettement moins élevée.

Le médecin peut également choisir une autre épreuve diagnostique, qui consiste à faire un prélèvement de peau, puisque des cellules cutanées appelées fibroblastes peuvent permettre de mesurer l’activité de la glucocérébrosidase.

Souvent, une biopsie de la moelle osseuse est réalisée lorsqu’un médecin soupçonne un cancer du sang, comme une leucémie. L’échantillon de moelle osseuse ainsi obtenu peut être utilisé pour vérifier la présence de cellules de Gaucher, qui sont ensuite observées au microscope. Il n’en reste pas moins que le test diagnostique le plus sûr continue d’être une simple prise de sang (ou test d’activité enzymatique) qui permet d’évaluer l’activité enzymatique.

Autres épreuves diagnostiques

Un médecin pourrait aussi recommander un ou des tests parmi les suivants afin d’établir le diagnostic et avoir une idée de la gravité et de l’évolution de la maladie.

  • Analyse sanguine, qui peut révéler toutes sortes d’anomalies, comme un nombre insuffisant de globules rouges ou de plaquettes, les signes d’une inflammation chronique ou une insuffisance hépatique
  • Radiographies ou images obtenues par résonance magnétique (IRM) ou par tomodensitométrie (TDM), qui peuvent révéler des anomalies osseuses
  • Examens d’IRM et TDM pour mesurer le foie et la rate
  • Questionnaire sur la qualité de vie (avec des questions pour savoir comment vous vous sentez et agissez dans la vie de tous les jours)
  • Radiographies, électrocardiogrammes (ECG) ou autres épreuves pour savoir si les poumons et(ou) le cœur sont en cause
  • Tests particuliers pour évaluer les effets possibles sur le cerveau ou les nerfs périphériques

Qui devrait se soumettre à ces épreuves diagnostiques?

Les épreuves diagnostiques permettant de diagnostiquer la maladie de Gaucher devraient être envisagées pour quiconque présente des symptômes de la maladie, notamment un retard de croissance, une faiblesse générale, une rate ou un foie gonflés, de l’anémie, une douleur osseuse ou des fractures « spontanées ».

De plus, les membres de la famille directe d’une personne atteinte de la maladie de Gaucher devraient aussi subir ces tests afin de déterminer s’ils en sont porteurs ou s’ils pourraient éventuellement transmettre la maladie.

Options de traitement

Auparavant, les soins et le traitement du type 1 de la maladie de Gaucher se limitaient à prendre en charge ou à soulager les symptômes. Les traitements comprenaient différentes mesures pour réduire la douleur, des transfusions sanguines, une chirurgie orthopédique des os ou des articulations et, éventuellement, une splénectomie (ablation de la rate).

Même si beaucoup de ces mesures ont toujours leur place dans la prise en charge de la maladie de Gaucher, depuis le début des années 1990, les soins aux patients sont davantage orientés vers des traitements mieux adaptés à la maladie elle-même. Les deux principales approches adaptées à la maladie de Gaucher sont l’enzymothérapie substitutive et le traitement par réduction du substrat.

Ces approches thérapeutiques sont aussi utilisées dans le cas d’autres maladies de surcharge lysosomale et leurs descriptions ci-dessous visent à vous en donner une idée générale. Vous devriez discuter avec votre médecin des différentes options de traitement.

Enzymothérapie substitutive (ETS)

L’objectif de l’enzymothérapie substitutive est de fournir au patient la quantité appropriée d’enzymes pour assurer l’élimination des matières en trop. Par conséquent, ce traitement vise à compléter ou à remplacer l’activité enzymatique insuffisante ou manquante chez ce patient. Avec ce traitement, de petites quantités de matières en trop peuvent être éliminées des cellules de façon naturelle. Toutefois, il ne résout pas les problèmes de santé ni ne soulage les symptômes associés au système nerveux central chez les patients atteints des types 2 ou 3 de la maladie de Gaucher.

Traitement par Réduction du Substrat (TRS)

L’objectif du traitement par réduction du substrat est de réduire au minimum la production et l’accumulation dans les cellules de matières en trop ou d’un certain substrat (glucosylcéramide ou GL1). Ainsi, le traitement par réduction du substrat (TRS) permet de réduire la quantité de GL1 produite par une cellule. Autrement dit, même chez les patients dont l’activité enzymatique est insuffisante pour dégrader le GL1, le traitement par réduction du substrat (TRS) permet à l’enzyme d’empêcher la cellule d’accumuler le GL1.

Dernière mise à jour: 28/04/2016
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